Le Carmel Les premiers carmes rassemblés sur le Carmel, célèbre montagne de Palestine, sont depuis les origines des ermites ; c’est-à-dire qu’ils choisissent la solitude comme fondement de leur vie spirituelle.

Mais, cette solitude n’est pas isolement ! Par elle, carmes et carmélites entendent se mettre à la disposition du seul Maître : le Christ Jésus qu’ils choisissent comme Ami. Dans un silence quotidien, ils donnent toute sa place à la Parole de Dieu : « Que chacun demeure seul dans sa cellule ou près d’elle, méditant jour et nuit la Loi du Seigneur et veillant dans la prière » dit la Règle. Être seul, dans sa cellule ou près d’elle, permet d’être attentif à ce Dieu qui ne s’impose jamais mais se propose toujours. « Seigneur mon Dieu, - médite Saint Jean de la Croix-, tu n’es pas distant, Toi, de celui qui ne se rend pas distant de Toi ». Choisir la solitude permet d’écouter la voix du Père. Celui-ci « n’a dit qu’une parole, à savoir son Fils ; et dans un silence éternel, Il la dit toujours ». Choisir la solitude rend l’âme disponible pour répondre à l’invitation de Sainte Thérèse d’Avila qui, en parlant du Christ s’exclame : « Je ne vous demande qu’une seule chose : regardez- Le ! »

Avec toute l’Eglise, carmes et carmélites reçoivent quotidiennement la présence de Jésus dans l’Eucharistie, présence qui rayonne dans l’ensemble de leur journée, dans la liturgie des Heures chantée en communauté, dans les deux heures d’oraison silencieuses et dans tous les moments passés dans la solitude ou en communauté, dans la prière comme dans le travail.

Ne pas se choisir mutuellement mais s’accueillir les un(e)s les autres comme frères et soeurs donne de former une véritable famille vivant dans un climat fraternel. C’est dans cet équilibre que se vérifie et s’éprouve l’authenticité du don de soi de chaque membre de la communauté. Rappelons-nous les deux commandements de l’amour, celui de Dieu et celui du prochain, dont Jésus ne fait qu’un seul : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit : voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Mt 22, 37-39

Comme en écho à cet enseignement du Seigneur, St Jean de la Croix écrit : « Au soir de cette vie, nous serons jugés sur l’amour ». La charité fraternelle est donc un pilier de notre vie.

Solitude et vie communautaire ne s’excluent pas, mais se fortifient l’une l’autre !

Cette charité pour Dieu et pour le prochain déborde le cadre de nos monastères. Comme Thérèse de Lisieux, nous voulons être missionnaires dans la prière, l’oubli de nous-mêmes et l’amour vécu au quotidien. Le plus petit acte d’amour est utile et vital à toute la planète : que nul ne soit seul au monde ! « Dans le cœur de l’Eglise, ma mère, je serai l’Amour… ainsi, je serai tout ».